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Échange automatique d’informations immobilières : l’engagement politique des États à l’horizon 2030

Le cadre OCDE publié en octobre 2025 a posé les bases juridiques et techniques d’un échange automatique d’informations sur les biens immobiliers détenus à l’étranger. À lui seul, toutefois, ce cadre restait volontaire, progressif et dépendant de la volonté des États d’y adhérer. La Déclaration conjointe du 4 décembre 2025 marque un changement de registre. Signée par vingt-six États, elle ne se contente pas de saluer l’Accord multilatéral entre autorités compétentes relatif à l’échange de renseignements déjà disponibles sur les biens immobiliers (AMAC RBI). Elle affirme explicitement une volonté collective d’adoption et de déploiement effectif du dispositif. Pour les contribuables et leurs conseils, cette distinction est essentielle : on ne parle plus seulement d’un cadre possible, mais d’un processus politiquement assumé. II. Ce que disent réellement les États signataires Le contenu de la Déclaration conjointe est volontairement concis, mais très clair sur le fond. Les États signataires y reconnaissent : l’absence actuelle de mécanisme international d’échange automatique portant sur les actifs non financiers, et en particulier sur les biens immobiliers ; l’asymétrie croissante entre la transparence applicable aux actifs financiers (Norme commune de déclaration) et celle applicable à l’immobilier ; la nécessité de renforcer l’accès des administrations fiscales aux informations transfrontalières relatives à la détention immobilière et aux revenus associés. La Déclaration établit un lien explicite avec les standards déjà existants en matière de transparence fiscale internationale, notamment l’échange automatique sur les comptes financiers et sur les crypto-actifs, et inscrit l’AMAC RBI dans cette continuité logique. L’objectif affiché est double : renforcer l’efficacité du contrôle fiscal et lutter contre des formes d’évasion fiscale qui reposent encore largement sur l’opacité immobilière internationale.

I. Une déclaration politique qui dépasse le cadre technique de l’OCDE

Le cadre OCDE publié en octobre 2025 a posé les bases juridiques et techniques d’un échange automatique d’informations sur les biens immobiliers détenus à l’étranger. À lui seul, toutefois, ce cadre restait volontaire, progressif et dépendant de la volonté des États d’y adhérer.

La Déclaration conjointe du 4 décembre 2025 marque un changement de registre. Signée par vingt-six États, elle ne se contente pas de saluer l’Accord multilatéral entre autorités compétentes relatif à l’échange de renseignements déjà disponibles sur les biens immobiliers (AMAC RBI). Elle affirme explicitement une volonté collective d’adoption et de déploiement effectif du dispositif.

Pour les contribuables et leurs conseils, cette distinction est essentielle : on ne parle plus seulement d’un cadre possible, mais d’un processus politiquement assumé.

II. Ce que disent réellement les États signataires

Le contenu de la Déclaration conjointe est volontairement concis, mais très clair sur le fond.

Les États signataires y reconnaissent :

  • l’absence actuelle de mécanisme international d’échange automatique portant sur les actifs non financiers, et en particulier sur les biens immobiliers ;
  • l’asymétrie croissante entre la transparence applicable aux actifs financiers (Norme commune de déclaration) et celle applicable à l’immobilier ;
  • la nécessité de renforcer l’accès des administrations fiscales aux informations transfrontalières relatives à la détention immobilière et aux revenus associés.

La Déclaration établit un lien explicite avec les standards déjà existants en matière de transparence fiscale internationale, notamment l’échange automatique sur les comptes financiers et sur les crypto-actifs, et inscrit l’AMAC RBI dans cette continuité logique.

L’objectif affiché est double : renforcer l’efficacité du contrôle fiscal et lutter contre des formes d’évasion fiscale qui reposent encore largement sur l’opacité immobilière internationale.

III. La portée de la liste des États signataires

La liste des signataires mérite, à elle seule, une lecture attentive.

Elle comprend :

  • de grands États européens à fiscalité élevée (France, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Suède) ;
  • des États réputés attractifs pour les investisseurs et les structures patrimoniales (Irlande, Malte, Portugal, Gibraltar) ;
  • des juridictions anglo-saxonnes ou assimilées (Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande) ;
  • des États non européens aux systèmes fiscaux variés (Brésil, Corée, Afrique du Sud, Pérou).

Ce panachage est loin d’être neutre. Il envoie un message clair : la transparence immobilière internationale n’est plus portée uniquement par des États « à fiscalité lourde », mais devient un standard transversal, compatible avec des stratégies d’attractivité économique et patrimoniale.

Pour les praticiens, cela signifie que l’argument consistant à opposer transparence et compétitivité fiscale perd progressivement de sa pertinence.

IV. L’horizon 2029–2030 : un calendrier politiquement assumé

La Déclaration conjointe fixe un objectif d’adoption de l’AMAC RBI à l’horizon 2029–2030, sous réserve de l’accomplissement des procédures nationales adéquates.

Ce calendrier appelle plusieurs observations.

D’une part, il traduit le réalisme des États : la mise en œuvre d’un échange automatique d’informations immobilières suppose des adaptations législatives, techniques et organisationnelles importantes, notamment en matière de registres fonciers, de bénéficiaires effectifs et de qualité des données.

D’autre part, ce calendrier est cohérent avec l’expérience passée. Le déploiement du CRS a lui aussi nécessité plusieurs années entre l’adoption du standard et les premiers échanges effectifs, sans empêcher, bien au contraire, une montée en puissance rapide une fois le dispositif opérationnel.

Pour les contribuables, 2029–2030 ne doit donc pas être perçu comme une échéance lointaine et abstraite, mais comme un horizon crédible de bascule.

V. Lecture praticienne : ce qui change réellement pour les contribuables

Il convient, à ce stade, de dissiper un malentendu fréquent.

Les administrations fiscales ne découvrent pas avec l’AMAC RBI la possibilité d’accéder à des informations relatives à des biens immobiliers situés à l’étranger. D’ores et déjà, dans le cadre des règles de coopération administrative internationale, et notamment sur le fondement des conventions fiscales bilatérales et de la Convention multilatérale d’assistance administrative, une administration fiscale peut solliciter l’assistance d’un autre État.

Ainsi, lorsqu’à l’occasion d’un contrôle fiscal l’administration française identifie, par exemple, des revenus de source étrangère non déclarés, elle est parfaitement en mesure d’interroger l’administration de l’État de situation du bien afin d’obtenir des informations relatives à la détention immobilière, aux revenus perçus ou aux conditions d’acquisition et de cession du bien concerné.

La véritable nouveauté introduite par l’AMAC RBI ne réside donc pas dans l’existence de ce pouvoir d’accès à l’information, mais dans son organisation.

L’échange d’informations immobilières, jusqu’ici fondé sur une logique ponctuelle, ciblée et déclenchée à l’initiative d’une administration dans un contexte de contrôle, change de dimension. Il s’inscrit désormais dans une logique d’échange automatique, régulier et de grande ampleur, comparable à celle mise en place depuis plusieurs années pour les actifs financiers avec la Norme commune de déclaration.

Ce passage à une logique de « large scale » automatisée a une conséquence directe : l’augmentation mécanique de la capacité de détection et de recoupement des administrations fiscales, indépendamment de l’ouverture préalable d’un contrôle individuel.

Pour les contribuables, l’enjeu n’est donc pas une extension abstraite des pouvoirs de l’administration, mais une transformation profonde des modalités d’exercice de ces pouvoirs, avec un impact prévisible sur le volume, la fréquence et le ciblage des contrôles fiscaux portant sur les situations immobilières internationales.

Assogna · Cabinet d'Avocat
Le profil
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Maître Sandro Assogna

Avocat au Barreau de Paris, je place la transversalité juridique au service d’une seule conviction : protéger les droits et les intérêts de la personne, en éclairant la complexité par la recherche de solutions.

Un parcours

Mon itinéraire professionnel s’est construit pas à pas, entre la France et l’Italie — deux pays qui partagent une même tradition juridique d’origine romaine. La formation initiale, enrichie entre l’Université Bocconi de Milan et la Sorbonne, a posé les bases d’une pratique tournée vers la fiscalité, le patrimoine et la dimension internationale du droit.

Mes premières années d’exercice se sont déroulées au sein de cabinets internationaux en Italie, avant que je rejoigne Deloitte Société d’Avocats à Paris, où j’ai exercé pendant une décennie au sein du département Fiscalité individuelle et mobilité internationale. Cette expérience m’a permis de développer une expertise fiscale française et internationale dédiée au patrimoine et au particulier. En assistant mandataires sociaux et cadres de groupes multinationaux, j’ai également été amené à intervenir sur des problématiques strictement juridiques touchant au mandat social, ainsi que sur des contentieux de droit du travail de cadres et des questions de sécurité sociale, en France comme dans un contexte international.

Fin 2022, j’ai créé mon propre cabinet, conçu à mon image : indépendant, exigeant, profondément attaché à l’accompagnement personnalisé du client.

La transversalité, comme méthode

La singularité d’une situation juridique se révèle rarement dans une seule branche du droit. Le choix de la forme sociale pour l’exercice d’une activité, le développement de l’organisation de l’entreprise, les transactions, la structuration et la transmission du patrimoine ne sont que quelques-uns des événements qui jalonnent une vie et qui méritent d’être anticipés et décryptés sous l’angle du droit fiscal, du droit du patrimoine et de leurs possibles implications sociales.

Cette capacité à analyser une question depuis deux ou trois angles juridiques à la fois m’a accompagné depuis mes premiers dossiers. Elle est aujourd’hui le cœur de ma méthode : décrypter la complexité, identifier les interactions souvent invisibles entre les régimes applicables, et construire des solutions sécurisées dans toutes leurs dimensions.

Une pratique nativement internationale

Bilingue français et italien, courant en anglais, j’interviens régulièrement sur des dossiers transfrontaliers. Mon réseau de confrères partenaires me permet de coordonner en temps réel les implications multi-juridictionnelles de chaque dossier — en Europe, aux États-Unis, au Brésil, au Japon et en Inde notamment.

Cette pratique internationale n’est pas un service additionnel : elle est consubstantielle à ma manière d’exercer, héritée de mes années en cabinet international et nourrie chaque jour par la diversité des situations rencontrées.

Un engagement permanent : formation et réseau

L’exigence du métier d’avocat suppose un effort continu de formation, de veille et d’échange avec ses pairs. J’ai choisi d’inscrire cet engagement dans la durée à travers mon adhésion à plusieurs institutions de référence :

  • IACF — Institut des Avocats Conseils Fiscaux : principale association française qui réunit les avocats spécialisés en droit fiscal et anime la doctrine professionnelle de la matière.
  • AUREP Alumni — réseau des anciens de l’Association Universitaire de Recherche et d’Enseignement sur le Patrimoine : pôle académique de référence en ingénierie patrimoniale, qui réunit universitaires et praticiens autour de la recherche, de la formation continue et de l’analyse des évolutions du droit du patrimoine.
  • IBA — International Bar Association : la principale organisation mondiale d’avocats, qui structure mon réseau international et alimente une veille permanente sur les évolutions du droit transfrontalier.

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