Analyses et publications
·

Les avantages fiscaux et sociaux que la France réserve aux impatriés

La France met en œuvre des régimes fiscaux et sociaux particulièrement avantageux pour les personnes transférant leur résidence fiscale sur son territoire. Ces mesures visent à renforcer l’attractivité du pays pour les talents internationaux, qu’ils soient salariés, dirigeants ou indépendants.

La France met en œuvre des régimes fiscaux et sociaux particulièrement avantageux pour les personnes transférant leur résidence fiscale sur son territoire. Ces mesures visent à renforcer l’attractivité du pays pour les talents internationaux, qu’ils soient salariés, dirigeants ou indépendants. Après avoir détaillé dans un précédent article le régime fiscal des impatriés, je vous présente ici d’autres dispositifs méconnus mais stratégiques : exonération d’IFI sur les biens étrangers, dispense d’affiliation à l’assurance vieillesse, déductibilité des cotisations étrangères et exonération de taxe sur les salaires.

1. Exonération temporaire d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les biens situés à l’étranger

Les nouveaux résidents fiscaux en France bénéficient, pendant les cinq premières années suivant leur installation, d’une exonération d’IFI sur leurs biens immobiliers situés hors de France (article 964 du CGI).

Conditions d’éligibilité

  • Ne pas avoir été résident fiscal français durant les cinq années civiles précédant l’arrivée en France.
  • Conserver son domicile fiscal en France pendant la période d’exonération.

Exemple

Une personne transfère sa résidence fiscale en France, possède un immeuble en Allemagne (2 M€), et achète un appartement à Paris (1,5 M€ financé par un emprunt de 1 M€). Seul l’appartement entre dans la base IFI (valeur nette : 500 000 €), donc pas d’imposition à l’IFI pendant la période d’exonération.

2. Dispense temporaire d’affiliation à l’assurance vieillesse obligatoire

Les salariés impatriés peuvent bénéficier d’une dispense d’affiliation aux régimes français de retraite (base + complémentaire) pendant trois ans, renouvelable une fois, sous certaines conditions (article L. 767-2 CSS).

Conditions clés

  • Ne pas avoir été affilié à un régime français obligatoire d’assurance vieillesse au cours des cinq dernières années (hors activités accessoires).
  • Justifier d’une cotisation annuelle d’au moins 20 000 € versée à un régime d’assurance vieillesse (public ou privé, en France ou à l’étranger).

Modalités pratiques

  • Demande à déposer auprès de l’URSSAF 60 jours avant la prise de fonction.
  • Formulaire à remplir par l’employeur et signé par le salarié.
  • En cas de retard, la cotisation est due jusqu’à réception de la décision de dispense.

À noter : ce dispositif ne donne pas lieu à des droits à retraite en France pour la période concernée.

3. Déduction fiscale des cotisations versées à un régime étranger

Certains impatriés restent affiliés à un régime de sécurité sociale étranger dans le cadre d’un détachement, prévu par les règlements européens ou des conventions bilatérales.

Avantage fiscal

Les cotisations sociales versées à l’étranger (régime légal, retraite supplémentaire, prévoyance complémentaire) sont déductibles du revenu imposable en France (articles 83, 1°-0 bis et 2°-0 ter du CGI), réduisant ainsi l’impôt sur le revenu.

Pays concernés

Outre l’UE, cette possibilité concerne les détachements vers ou depuis des pays comme : les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, le Maroc, le Japon, la Suisse, la Tunisie, etc. (liste complète dans l’article complet ci-dessus).

Attention : certaines conventions ne couvrent pas toutes les branches de sécurité sociale. Une analyse conventionnelle rigoureuse est recommandée.

4. Exonération partielle de la taxe sur les salaires pour les impatriés

Depuis le 6 juillet 2016, les employeurs peuvent bénéficier d’une exonération de taxe sur les salaires sur la part de rémunération liée à l’impatriation (article 231 bis Q CGI).

Quelles rémunérations sont exonérées ?

  • Les primes d’impatriation expressément mentionnées dans le contrat ou un avenant ;
  • Ou, sur option, 30 % de la rémunération nette (hors intéressement et épargne salariale) lorsque le forfait est retenu.

Cette exonération permet aux entreprises d’optimiser le coût de recrutement de talents étrangers, en réduisant le coût fiscal du salaire brut chargé.

5. Attirer les talents : un enjeu stratégique

L’attractivité de la France repose aussi sur la qualité et la sécurité de son environnement juridique et fiscal. Ces régimes, parfois techniques, constituent de véritables leviers RH et fiscaux pour les entreprises.

J’accompagne régulièrement des entreprises et dirigeants dans la mise en œuvre de ces dispositifs, en veillant à la sécurité juridique, à la conformité documentaire et à l’optimisation des coûts.

Vous souhaitez structurer une politique d’impatriation adaptée à votre entreprise ?

Écrivez-moi à sandro.assogna@avocat.fr : je vous proposerai un accompagnement personnalisé, rigoureux et clair, dans le respect de vos objectifs stratégiques et de vos obligations légales.

 
Sandro ASSOGNA

Assogna · Cabinet d'Avocat
Le profil
sandro-assogna-linkedin-social

Maître Sandro Assogna

Avocat au Barreau de Paris, je place la transversalité juridique au service d’une seule conviction : protéger les droits et les intérêts de la personne, en éclairant la complexité par la recherche de solutions.

Un parcours

Mon itinéraire professionnel s’est construit pas à pas, entre la France et l’Italie — deux pays qui partagent une même tradition juridique d’origine romaine. La formation initiale, enrichie entre l’Université Bocconi de Milan et la Sorbonne, a posé les bases d’une pratique tournée vers la fiscalité, le patrimoine et la dimension internationale du droit.

Mes premières années d’exercice se sont déroulées au sein de cabinets internationaux en Italie, avant que je rejoigne Deloitte Société d’Avocats à Paris, où j’ai exercé pendant une décennie au sein du département Fiscalité individuelle et mobilité internationale. Cette expérience m’a permis de développer une expertise fiscale française et internationale dédiée au patrimoine et au particulier. En assistant mandataires sociaux et cadres de groupes multinationaux, j’ai également été amené à intervenir sur des problématiques strictement juridiques touchant au mandat social, ainsi que sur des contentieux de droit du travail de cadres et des questions de sécurité sociale, en France comme dans un contexte international.

Fin 2022, j’ai créé mon propre cabinet, conçu à mon image : indépendant, exigeant, profondément attaché à l’accompagnement personnalisé du client.

La transversalité, comme méthode

La singularité d’une situation juridique se révèle rarement dans une seule branche du droit. Le choix de la forme sociale pour l’exercice d’une activité, le développement de l’organisation de l’entreprise, les transactions, la structuration et la transmission du patrimoine ne sont que quelques-uns des événements qui jalonnent une vie et qui méritent d’être anticipés et décryptés sous l’angle du droit fiscal, du droit du patrimoine et de leurs possibles implications sociales.

Cette capacité à analyser une question depuis deux ou trois angles juridiques à la fois m’a accompagné depuis mes premiers dossiers. Elle est aujourd’hui le cœur de ma méthode : décrypter la complexité, identifier les interactions souvent invisibles entre les régimes applicables, et construire des solutions sécurisées dans toutes leurs dimensions.

Une pratique nativement internationale

Bilingue français et italien, courant en anglais, j’interviens régulièrement sur des dossiers transfrontaliers. Mon réseau de confrères partenaires me permet de coordonner en temps réel les implications multi-juridictionnelles de chaque dossier — en Europe, aux États-Unis, au Brésil, au Japon et en Inde notamment.

Cette pratique internationale n’est pas un service additionnel : elle est consubstantielle à ma manière d’exercer, héritée de mes années en cabinet international et nourrie chaque jour par la diversité des situations rencontrées.

Un engagement permanent : formation et réseau

L’exigence du métier d’avocat suppose un effort continu de formation, de veille et d’échange avec ses pairs. J’ai choisi d’inscrire cet engagement dans la durée à travers mon adhésion à plusieurs institutions de référence :

  • IACF — Institut des Avocats Conseils Fiscaux : principale association française qui réunit les avocats spécialisés en droit fiscal et anime la doctrine professionnelle de la matière.
  • AUREP Alumni — réseau des anciens de l’Association Universitaire de Recherche et d’Enseignement sur le Patrimoine : pôle académique de référence en ingénierie patrimoniale, qui réunit universitaires et praticiens autour de la recherche, de la formation continue et de l’analyse des évolutions du droit du patrimoine.
  • IBA — International Bar Association : la principale organisation mondiale d’avocats, qui structure mon réseau international et alimente une veille permanente sur les évolutions du droit transfrontalier.

Échangeons sur votre situation.