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Réforme de l’impôt sur les successions et donations en Italie : focus sur le trust

La nouveauté la plus importante de la réforme est l’introduction d’un régime optionnel de taxation anticipée lors de l’apport des biens au trust ou à l’ouverture de la succession.

L’approbation récente du décret législatif par le Conseil des ministres le 7 août 2024, en application de la loi de délégation pour la réforme fiscale (loi du 9 août 2023, n° 111), marque un tournant significatif dans la réglementation fiscale applicable aux trusts, en particulier en ce qui concerne l’impôt sur les successions et donations.

La réforme s’inscrit dans un processus plus large de rationalisation des impôts indirects, visant à offrir plus de certitude et de cohérence juridique, comblant les lacunes laissées jusqu’à présent à la pratique administrative et à la jurisprudence.

Territorialité et imposition des biens placés en trust

Le nouveau décret confirme et formalise les principes de territorialité de l’impôt sur les successions et donations en relation avec les trusts, un aspect qui jusqu’à présent était principalement régi par la pratique administrative, comme indiqué dans la Circulaire 34/E/2022 de l’Administration fiscale italienne (« Agenzia delle Entrate« ).

Plus précisément, le texte stipule que si le constituant est résident en Italie au moment de la mise en trust des biens, l’impôt s’applique à tous les biens et droits, où qu’ils soient situés dans le monde, transférés aux bénéficiaires. À l’inverse, si le constituant est résident à l’étranger, l’imposition est limitée aux biens et droits situés en Italie.

Ce principe s’aligne sur la jurisprudence de la Cour de cassation, qui a clarifié que le moment pertinent pour l’application de l’impôt est celui où les biens sortent du trust pour être transférés aux bénéficiaires, réalisant ainsi un enrichissement à titre gratuit. Cette approche a été renforcée par le décret, qui souligne l’obligation de vérifier les conditions de territorialité au moment de la mise en trust des biens.

L’option pour l’imposition anticipée

La nouveauté la plus importante de la réforme est l’introduction d’un régime optionnel d’imposition anticipée, qui représente une alternative au principe général d’imposition « à la sortie » des biens du trust. Ce régime permet au constituant, ou au trustee en cas de trust testamentaire, de payer l’impôt italien sur les successions et donations au moment de la mise en trust des biens ou à l’ouverture de la succession.

Le taux et les abattements applicables sont déterminés en fonction du lien de parenté entre le constituant et les bénéficiaires, conformément aux règles générales de l’impôt sur les successions et donations.

Pour rappel, le taux pour les transferts en faveur du conjoint ou des parents en ligne directe est fixé à 4% avec un abattement de 1 000 000 d’euros pour chaque bénéficiaire, tandis que pour les frères et sœurs, le taux est de 6% avec un abattement de 100 000 euros par bénéficiaire. D’autres catégories de bénéficiaires, telles que les parents jusqu’au quatrième degré, sont soumises à un taux de 6% sans abattement, tandis que pour les autres personnes, le taux applicable est de 8%.

Le décret prévoit que, dans le cas où il n’est pas possible d’identifier précisément la « catégorie des bénéficiaires » au moment de la mise en trust des biens ou de l’ouverture de la succession, le taux le plus élevé sera appliqué sans tenir compte des abattements. Cela se produit lorsque la classe de parents ou d’affins pour laquelle la taxation serait homogène ne peut être déterminée. Cette disposition représente un mécanisme de protection pour le fisc, garantissant qu’il n’y ait pas de lacunes dans l’imposition fiscale lorsque la destination finale des biens placés en trust est incertaine.

Impact et perspectives d’avenir

L’introduction de cette option de taxation anticipée pourrait encourager l’utilisation des trusts comme outil de planification patrimoniale, offrant aux contribuables la possibilité de bénéficier d’une plus grande certitude fiscale et d’une planification plus efficace de la transmission du patrimoine.

L’Italie continue d’offrir un régime fiscal particulièrement favorable pour les transferts de biens par donation ou à cause de mort, avec des taux et des abattements parmi les plus compétitifs en Europe.

Dans un contexte de mobilité internationale croissante des personnes physiques, il est essentiel de prendre en compte que l’Italie a en vigueur des conventions bilatérales pour éviter la double imposition sur les successions et donations avec un nombre limité de pays : le Danemark (1996), la France (1990), la Grèce (1964), Israël (1968), la Suède (1956), le Royaume-Uni (1966) et les États-Unis d’Amérique (1955).

 
Sandro ASSOGNA

Assogna · Cabinet d'Avocat
Le profil
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Maître Sandro Assogna

Avocat au Barreau de Paris, je place la transversalité juridique au service d’une seule conviction : protéger les droits et les intérêts de la personne, en éclairant la complexité par la recherche de solutions.

Un parcours

Mon itinéraire professionnel s’est construit pas à pas, entre la France et l’Italie — deux pays qui partagent une même tradition juridique d’origine romaine. La formation initiale, enrichie entre l’Université Bocconi de Milan et la Sorbonne, a posé les bases d’une pratique tournée vers la fiscalité, le patrimoine et la dimension internationale du droit.

Mes premières années d’exercice se sont déroulées au sein de cabinets internationaux en Italie, avant que je rejoigne Deloitte Société d’Avocats à Paris, où j’ai exercé pendant une décennie au sein du département Fiscalité individuelle et mobilité internationale. Cette expérience m’a permis de développer une expertise fiscale française et internationale dédiée au patrimoine et au particulier. En assistant mandataires sociaux et cadres de groupes multinationaux, j’ai également été amené à intervenir sur des problématiques strictement juridiques touchant au mandat social, ainsi que sur des contentieux de droit du travail de cadres et des questions de sécurité sociale, en France comme dans un contexte international.

Fin 2022, j’ai créé mon propre cabinet, conçu à mon image : indépendant, exigeant, profondément attaché à l’accompagnement personnalisé du client.

La transversalité, comme méthode

La singularité d’une situation juridique se révèle rarement dans une seule branche du droit. Le choix de la forme sociale pour l’exercice d’une activité, le développement de l’organisation de l’entreprise, les transactions, la structuration et la transmission du patrimoine ne sont que quelques-uns des événements qui jalonnent une vie et qui méritent d’être anticipés et décryptés sous l’angle du droit fiscal, du droit du patrimoine et de leurs possibles implications sociales.

Cette capacité à analyser une question depuis deux ou trois angles juridiques à la fois m’a accompagné depuis mes premiers dossiers. Elle est aujourd’hui le cœur de ma méthode : décrypter la complexité, identifier les interactions souvent invisibles entre les régimes applicables, et construire des solutions sécurisées dans toutes leurs dimensions.

Une pratique nativement internationale

Bilingue français et italien, courant en anglais, j’interviens régulièrement sur des dossiers transfrontaliers. Mon réseau de confrères partenaires me permet de coordonner en temps réel les implications multi-juridictionnelles de chaque dossier — en Europe, aux États-Unis, au Brésil, au Japon et en Inde notamment.

Cette pratique internationale n’est pas un service additionnel : elle est consubstantielle à ma manière d’exercer, héritée de mes années en cabinet international et nourrie chaque jour par la diversité des situations rencontrées.

Un engagement permanent : formation et réseau

L’exigence du métier d’avocat suppose un effort continu de formation, de veille et d’échange avec ses pairs. J’ai choisi d’inscrire cet engagement dans la durée à travers mon adhésion à plusieurs institutions de référence :

  • IACF — Institut des Avocats Conseils Fiscaux : principale association française qui réunit les avocats spécialisés en droit fiscal et anime la doctrine professionnelle de la matière.
  • AUREP Alumni — réseau des anciens de l’Association Universitaire de Recherche et d’Enseignement sur le Patrimoine : pôle académique de référence en ingénierie patrimoniale, qui réunit universitaires et praticiens autour de la recherche, de la formation continue et de l’analyse des évolutions du droit du patrimoine.
  • IBA — International Bar Association : la principale organisation mondiale d’avocats, qui structure mon réseau international et alimente une veille permanente sur les évolutions du droit transfrontalier.

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